ENCABANÉE, RÉCIT SONORE
En résidence du 13 au 17 octobre 2025
Dans ce court récit fictionnel mais fortement inspiré de son expérience, l’autrice raconte l’hiver où elle a choisi de quitter son emploi à Montréal pour aller vivre seule dans une cabane sans eau ni électricité dans la région du Kamouraska. Entre journal de bord pragmatique d’isolement et manifeste écologiste profond, Gabrielle Filteau-Chiba livre, avec une fièvre poétique sauvage, sa rencontre avec cet environnement hostile, sa prise de conscience politique, et le bouleversement intime généré par ce confinement volontaire.
Aux premiers temps de travail sur ce projet, il y avait une comédienne seule, derrière son pupitre. Quand nous avons eu la certitude de vouloir en faire plus qu’une lecture et que nous avons abandonné le pupitre… il manquait quelque chose. Comme si cette seule voix ne suffisait pas à exprimer tous les spectres de solitude et de paroles par lesquels est passée la narratrice. Alors nous avons convié une autre interprète, qui est aussi chanteuse et musicienne, à rejoindre le plateau. La recherche a pris une toute autre tournure, qui nous a semblé évidente et organique : il fallait deux voix vivantes, concrètes, deux femmes côte à côte, pour donner à entendre la voix plurielle de cette femme-là -celle de l’autrice. Chacune derrière un micro, l’une prenant en charge principalement le texte, les mots ; l’autre prenant en charge tout ce qui pourrait s’exprimer sans mots (souffle, sons, bruits, voix et chant qui jaillissent) : nous faisons prendre vie à cette histoire, mêlant texte et chant, dans une performance scénique et sonore à deux voix.
La création vocale d’Eugénie Bernachon évoque autant des chants ancestraux quasi chamaniques que des sons primitifs inspirés des animaux qui peuplent le Kamouraska, et sa présence au plateau s’incarne alors comme l’amie imaginaire à laquelle l’autrice s’adresse dans son délire de solitude ; mais aussi comme la partie cachée, enfouie, de cette femme, sa version plus animale et organique, qui
remonte peu à peu à la surface. Nous nous amusons alors à brouiller les pistes, ne sachant plus qui est la vraie femme encabanée et qui est son inconscient poétique… chacune devenant le double sauvage de l’autre.
remonte peu à peu à la surface. Nous nous amusons alors à brouiller les pistes, ne sachant plus qui est la vraie femme encabanée et qui est son inconscient poétique… chacune devenant le double sauvage de l’autre.
Conception & adaptation Lou Martin-Fernet
Mise en scène Christophe Gaultier
Interprétation Lou Martin-Fernet et Eugénie Bernachon
Création voix et chant Eugénie Bernachon
Son Thibault Lamy
Lumières Jason Razoux
Avec le soutien du Collectif MXM et de la Maison Copeau
Hébergement administratif par le Collectif 70
© Christophe Gaultier