• ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE D'ART DRAMATIQUE DE MONTPELLIER

20 décembre à 19h / Lecture publique / Cie LANBRAZMAN

20 décembre à 19h / Lecture publique / Cie LANBRAZMAN

20 décembre à 19h / Lecture publique / Cie LANBRAZMAN 1920 1280 ENSAD Montpellier

Dann Tan Lontan

Texte et mise en scène :
Étienne Rey
Lu par Simon Anglès, Jess Avril, Léo Bahon, Mohamed Bouadla, Mathilde Bigan, Antoine Brunet-Lecomte, Michèle Colson, Romain Debouchaud et Ketty Luntala 
 
Durée : 1h30
 

« Je voulais questionner ma langue, en laisser émerger une nouvelle, comme passerelle entre mes deux langues : le Créole Réunionnais et le Français de France. Un entremêlement d’histoires est apparu alors, l’histoire d’une île et d’un lieu de passage où se côtoient la possession et la magie noire. L’histoire d’individus dans un étrange état d’entre vie et mort, qui dealent avec un silence particulier. Il y a une distance géographique qui s’imprime entre les mots. Il y a un “entre”, imperceptible, entre les sons ; une place pour les fantômes qui les côtoient.

Sur l’île de Dann Tan Lontan se confrontent le dedans et le dehors. Le dedans, longtemps dans le temps, était un lieu de vie en équilibre, protégé par les eaux, qui fonctionnait à sa manière et qui aurait dû perdurer dans son harmonie. Mais le dehors, territoire de l’ailleurs, a débordé jusque cette île pour y imposer une maladie, un inconnu imprévisible, une guerre civile.

Au présent de l’histoire, l’île est un cimetière. Ils sont venus se débarrasser des corps qu’ils ne pouvaient plus exhumer, ils sont venus jeter leur trop-plein de conséquences. Les mots émergent d’une fosse commune indifférenciée des erreurs accumulées. Les figures qui apparaissent en sont les déchets et marchent sur ces déchets ».



EXTRAIT

HENRI :
à en chercher un coupable on est         enfin on en
vous savez elle est perdue      pensent-ils         peut-être que       
et si       et si elle danse tout simplement      si elle danse nue dans ce nuage    et si en dansant elle    elle remonte vers le bas    vers la basseur (bassesse) (la noirceur bassesse) merdusée du monde
et si en effleurant les cadavres
et      mais le si toujours le SI


ALBERT :

mon petit là-bas mon petit ouvert lorsque j’essayais de la retrouver et soudain elle est apparue à travers la bouche d’une autre vous savez quand

JEAN :
et tu l’as reconnue ?

ALBERT :
ou plutôt pas reconnue       pas reconnue la personne qui         en face de moi       me parlait une autre voix une autre façon de faire corps       c’est comme si Fanny avait    enfin l’autre en fasse qui se tenait devant moi     elle ses bras vers le sol comme ça et se mit à parler un peu comme

JADE :
Henri

ALBERT :
bin voila comme ça à peu prés à un détail prés

JADE :
HENRI c’est moi