• ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE D'ART DRAMATIQUE DE MONTPELLIER

Février 2020 / JEAN-FRANÇOIS SIVADIER

Février 2020 / JEAN-FRANÇOIS SIVADIER

Février 2020 / JEAN-FRANÇOIS SIVADIER 2560 1707 ENSAD Montpellier

Jean-François Sivadier

Stage donné aux étudiants de la promotion 2020 :

  • du 3 au 14 février 2020

La présence comme documentaire, la parole comme fiction. Cette phrase de Jean-Luc Godard pourrait être le fil conducteur de mon travail avec les acteurs. C’est une phrase qui parle de la présence de l’acteur, de sa présence brute, immédiate et de sa parole, c’est-à-dire de son acte. C’est dire que la parole, pour l’acteur, est une matière à fabriquer de la fiction, et qu’elle se travaille comme une matière. Que la parole n’advient pas pour commenter ce qui existe mais pour créer ce qui n’existe pas. Le théâtre naît toujours de la confrontation entre l’ici et maintenant de l’acteur, la magnifique “pauvreté” de sa présence, et l’espace infini que sa parole est capable de convoquer. Durant ces deux semaines on essaiera d’explorer pour chacun la richesse de cette confrontation entre l’acteur et sa parole et de découvrir que l’espace que peut ouvrir sur le plateau la voix, le corps, la pensée de l’acteur sera toujours la plus belle des scénographies.

J’ai toujours cherché dans mon travail, avec les acteurs au théâtre ou les chanteurs à l’opéra, à placer la personne au cœur du processus de la mise en scène. Ma mise en scène part toujours de l’acteur en faisant de sa peur, de son plaisir, de son risque, les véritables enjeux de chaque situation. Comme dit Vitez « il n’y a qu’une situation au théâtre, c’est l’acteur qui entre sur le plateau ». C’est une façon de parler de la liberté. De dire que c’est la liberté de l’acteur qui va réinventer l’espace et le temps et ouvrir le sens. Parce que je suis acteur moi-même je suis obsédé par la question de ce qui nous empêche sur le plateau, d’être libre et de ce qui nous permet de nous délivrer de nos contraintes. On essaiera, par l’épreuve du jeu, de répondre à cette question et de s’apporter mutuellement des outils qui pourront nous servir à envisager la scène comme un lieu infini en attente de notre seule imagination…